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Patrimoine Nature
Dernière étape des oiseaux migrateurs avant leur grande traversée, là haut, tout au bout du Cap Corse, Capandula est un site naturel protégé.
Faune
De nombreux oiseaux migrateurs ont choisi la Corse et plus précisément l'espace naturel de Capandula comme relais de l'Afrique vers le nord. Au printemps les baguages d'oiseaux tels les hirondelles, réalisés par les ornithologues dans la vallée de Barcaggio, permettent de reconstituer leur parcours.
La réserve naturelle des îles Finocchiarola héberge des nichées de cormorans huppés et de goélands d'Audouin, espèce rare que l'on ne trouve qu'en Méditerranée. La buse variable et le faucon crécerelle sillonnent aussi le ciel du Cap Corse.
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Flore
Couvrant montagnes, collines et vallons,
le maquis, végétation verte et odorante est
présent dans tout le Cap Corse. Il peut être
dense s'il est composé d'arbousiers ou à ras
du sol, comme à Capandula.Face à la mer,
lentisques et myrtes, cistes et bruyère
forment un rempart végétal.
Sur les sols rocheux dominent romarins et genêts. Unique, l'hellébore de Corse, plante médicinale, était utilisée par les "anciens".
Euphores et lavandes de mer complètent le royaume végétal du Cap Corse.
Flore Marine
Les posidonies sont les garantes d'un bon équilibre du milieu côtier. Ces plantes marines constituent de véritables herbiers sous marins. Sur les plages, vous pouvez trouver des débris de feuilles mortes, soumises au va-et-vient- de l'eau, qui stagnent en amas moelleux et se transforment ensuite en pelotes fibreuses. Les herbiers de posidonies servent de nourriture et d'abri aux animaux marins et aident à la stabilité des fonds.
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Le maquis Corse et la mer
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Contact Conservatoire du Patrimoine Végétal
Visite sur rendez-vous des Jardins Traditionnels du Cap Corse
Cap Vert Lieu-dit Cepita 20228 LURI
Tél. & Fax 04.95.35.05.07
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La renaissance de Capandula
Début des années 1980. Le projet de Porto Giraglia a été abandonné. Ce complexe touristique de 5 000 lits, et son port de plaisance à la Cala Francese, ne seront pas construits.
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Entre l’abandon du projet immobilier et la mise en place de la protection, s’ouvre une période incertaine où tout est permis, surtout le pire.
C’était hier…
Mais on l’oublie déjà. Depuis bien longtemps, des incendies ravagent régulièrement le maquis et ne sont arrêtés que par la mer. Les chênes verts et les genévriers disparaissent.
Le site, encore confidentiel pour les estivants, est déjà bien connu des campeurs sauvages. A Tamarone, Santa Maria, Barcaggio, des tentes sont installées tout l’été. Et en septembre, quand le site retrouve sa tranquillité, c’est le décor navrant des déchets abandonnés…
Vient ensuite la première vogue des véhicules tout terrain. La plage de Tamarone est traversée de jour comme de nuit. Il n’est pas rare de passer le matin à la tour de Santa Maria et de trouver des poissons flottant sur le ventre, victimes pendant la nuit d’une pêche à la dynamite. D’autres braconnages se développent. Les allers et venues des véhicules mettent à mal les plages, les dunes, les zones humides et laissent des plaies ouvertes dans la végétation. Le territoire est livré aux usages incontrôlés les plus destructeurs.
La reconquête
A partir de 1984, avec l’accord de la commune de Rogliano, le Conservatoire du littoral commence ses acquisitions. L’année 1987 voit la création de la réserve naturelle des îles Finocchiarola puis de l’association de gestion. Parallèlement, l’Agenc dresse un premier état des lieux prenant en compte les paysages, le patrimoine écologique et culturel, les potentialités pastorales… identifie les nuisances et propose un aménagement.
Après concertation avec les acteurs locaux, la commune et le Conservatoire décident d’interdire le camping, les feux, les dépôts d’ordures et la circulation des véhicules au-delà de la plage de Tamarone. Un arrêté du Maire fixe les nouvelles règles tandis qu’une clôture, puis un muret sont installés pour délimiter le stationnement. Mais les habitudes ne se changent pas en un jour et dans un premier temps “le mur de Tamarone” fait grincer bien des dents, occasionne des tensions locales. Il dérange. Le Conseil municipal et le Conservatoire du littoral restent fermes.
A la même époque, à Santa Maria et à Tamarone, des terres sont mises en valeur pour l’agriculture et l’élevage avec la plantation de vignes et la création de pâturages. Le site affirme sa vocation à la fois agropastorale et naturelle. Il est entretenu, nettoyé et surveillé par un garde permanent, des sentiers sont
créés, des panneaux installés, des dépliants édités et peu à peu l’aménagement et la gestion de ces espaces
s’imposent aux yeux de tous.
Gérer,verbe actif
Le Conservatoire poursuit ses acquisitions qui passent de quelques 300 hectares il y a 10 ans à 650 aujourd’hui. Au cours des dernières années, des projets importants se réalisent : la location à un jeune éleveur de 20 ha de maquis transformés en prairie ; la création du sentier des douaniers entre Macinaggio et Centuri ; la restauration des dunes de Barcaggio ; la consolidation de la tour Santa Maria ; l’édition de documents d’information et l’installation de panneaux dans les villages. L’association de gestion se transforme et intervient sur toute la Pointe du Cap avec l’implication des 3 communes. Des gardes saisonniers sont présents l’été sur les sites.
Aujourd’hui les espaces naturels de la Pointe du Cap sont reconnus bien au delà de l’île. Ils sont fréquentés l’été, mais aussi toute l’année par la population locale et des visiteurs heureux de parcourir des paysages préservés. Ils sont devenus le meilleur atout touristique de la micro-région. Combien regrettent Porto Giraglia ?
Michel Delaugerre et Alain Camoin
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Notre oiseau symbole
Le goéland d’Audouin niche sur les îles Finocchiarola, la Giraglia et Capense. Portrait de cet oiseau rare, découvert en Corse, et activement surveillé à la Pointe du Cap depuis plus de vingt ans.
D’année en année, plusieurs dizaines de couples de goéland d’Audouin se reproduisent sur les îlots du Cap Corse, les Lavezzi, les Cerbicale et sur les rives du golfe d’Ajaccio. Absent du continent, ce sont les seuls sites des côtes françaises où il niche. Comptez quelques îlots en Méditerranée, le delta de l’Ebre en Espagne, et vous aurez fait le tour du monde des lieux où se reproduit l’Audouin. C’est un véritable oiseau rare.
Découvert en Corse
Larus audouinii, c’est son nom scientifique, a été identifié pour la première fois en 1826, en Corse (îlots Bruzzi et golfe de Ventilegne), par le naturaliste Charles Payraudeau. Son nom italien est d’ailleurs gabbiano corso ! Dans les années 1960, les effectifs mondiaux étaient de moins de 2 000 couples et l’espèce était officiellement classée comme “menacée”.
Aujourd’hui, grâce au dynamisme de la population espagnole, 20 000 couples de goélands d’Audouin sont dénombrés en Méditerranée. C’est le delta de l’Ebre qui accueille les colonies les plus prospères. Les oiseaux profitent des nombreux rejets du chalutage espagnol, intense dans cette région, et de la protection
intégrale du site où ils nichent.
Espèce menacée
Pour autant la petite colonie du Cap Corse ne doit pas être négligée. Il est fort probable (et souhaitable pour les poissons !) que la pêche espagnole soit fortement réglementée dans les prochaines années. La ressource alimentaire risque alors de diminuer pour cette population qui sera contrainte de trouver d’autres moyens de subsistance, de migrer vers des sites plus accueillants (le Cap ?), ou encore de diminuer… Les goélands d’Audouin espagnols sont aussi à la merci des catastrophes que représentent les marées noires. C’est pourquoi chaque aire de peuplement est importante pour une espèce si faible numériquement et dans le contexte d’une mer Méditerranée de plus en plus polluée et sollicitée.
Difficultés pour la reproduction
Entre 1826, date de sa découverte, et les années 1960, les populations du goéland d’Audouin ont été peu suivies. Puis petit à petit, notamment grâce au travail du Parc naturel régional de Corse, les différents sites de reproduction de l’île ont été identifiés.
A la Pointe du Cap, surveillée depuis 1979 sans discontinuer, 5 à 98 couples tentent chaque année de se reproduire. Ce qui représente, bon an mal an, une dizaine de petits à s’envoler chaque année des îlots du Cap (35 en 1995). Le succès de la reproduction n’est, hélas, pas toujours au rendez-vous. Des résultats particulièrement faibles, voire nuls, ont même été enregistrés au cours de ces dernières années.
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Menaces actuelles
L’un des dangers actuels pour le goéland d’Audouin vient sans doute de la concurrence exercée par son cousin, le goéland leucophée (voir encadré). Les leucophées profitent des décharges à ciel ouvert pour se nourrir et prospérer, et certains individus ont commencé aussi à se spécialiser dans la prédation des poussins de goélands d’Audouin. A l’origine, tous les goélands ne mangent que du poisson ! Les décharges leur auraient donné de “mauvaises habitudes” carnivores…
Mais il faut se garder de ne retenir qu’une cause aux échecs. Nous connaissons mal l’alimentation des goélands d’Audouin, ni les événements qui adviennent lors de la petite migration d’hiver vers le sud de la Méditerranée. Le faucon pèlerin, lui aussi, fait des ravages chez les poussins. Enfin, il est un autre perturbateur, et non des moindres : l’homme.
Les Audouins nichent sur les îlots et, dès qu’un visiteur humain s’avance, les parents abandonnent le nid pour s’enfuir, laissant le poussin à la merci des prédateurs ou sans nourriture. Et, en plein été, jusqu’à cinq débarquements par jour ont lieu sur Terra (la plus proche des Finocchiarola), malgré l’interdiction clairement signalée sur la plage et sur les îlots.
Un symbole
Le goéland d’Audouin est devenu le symbole de la Pointe du Cap car c’est pour protéger cette espèce que les îles Finocchiarola ont été classées en Réserve naturelle. Cette Réserve, et toutes les actions entreprises par la suite, ont aussi profité au cormoran huppé, au puffin, au balbuzard et, au-delà, à de nombreuses autres espèces animales et végétales. Protéger le goéland d’Audouin a été l’un des projets pionniers de la mise en valeur progressive de l’ensemble du site de la Pointe du Cap Corse. Sans compter l’intérêt intrinsèque de l’étude pour la compréhension de l’évolution des espèces. Même si les dernières années ne sont pas encourageantes, rien n’est perdu.
Alain Camoin, Conservateur du site pour l’Association Finocchiarola, suit presque quotidiennement nos goélands depuis 16 ans. Il espère que la fermeture des décharges ouvertes rééquilibrera les populations de goélands leucophée et que la réglementation de la pêche espagnole permettra d’attirer dans le Cap des goélands d’Audouin en provenance d’Espagne… pour que l’année prochaine d’autres petits oiseaux-symboles quittent le nid !
Olivier Nicoli
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